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 Le Pillier du monde

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MessageSujet: Le Pillier du monde   Mar 19 Avr - 14:39

“Une tour. Ils ont construit une tour. Du fond de cet abysse, Du plus profond de cet endroit infâme, ils ont élevé une tour qui leur semble infinie. Elle traverse les nuages de leur ciel, comme s’ils voulaient eux-même s’élever. Peut-être cherchaient-ils la rédemption? Une façon de rejoindre les cieux, un utopique paradis comme ils se l’imaginent?”

Son regard se perd dans l’horizon. Ses armes tiennent mollement entre ses doigts.

“Peut-être ont-ils eu un regain de conscience? Ont-ils vu naître en eux une moralité?”

Un sourire se profile sur ses lèvres, alors qu’un rire cristallin s’élève.

“Oh, je divague encore, il semblerait. C’est dommage. J’aurais voulu voir autre chose qu’un affront. J’aurais voulu que cette gigantesque tour soit un pont. Un pont qui relierait nos peuples. Un signe de paix. J’aurais voulu ne pas y voir une nouvelle déclaration de guerre. Que cette tour fusse autre chose qu’un escalier pour permettre aux abysses de déferler sur les cieux.”


L’ombre du sourire qui agrémentait son visage se dissipa.

“Mais ce que l’on veut est bien différent de ce que l’on peut. Je l’ai durement appris.”

Les nuages qui semblaient retenir son corps se dissipèrent, révélant la proue d’un grand navire ailé. Les nuages furent séparé par la coque du navire de guerre et semblèrent la caresser.

“Je le sais bien, je ne devrais plus avoir d’espoir. Pas pour eux. Plus jamais pour eux.”


Ses poings se serrèrent sur ses armes.

“... Non, cette tour n’est pas un pont, je le sais bien. Elle n’est pas un signe de paix, ou une façon de s’élever vers une rédemption ne serait-elle qu’illusoire. Ce qui est damné le reste pour toujours.”


Des étincelles dorées se formèrent dans son dos. Deux longues ailes s’en échappèrent, créant un fort vent autour d’elle, et répandant des étincelles autour d’elle. Elle parut briller l’espace d’un instant.

“J’ai voulu y croire. J’ai essayé d’y croire. Cette tour serait un magnifique monument. Témoin de la vantardise d’un peuple, mais un magnifique témoin tout de même. Mais je les connais. Je les connais depuis suffisamment longtemps. Ils seront toujours les même.”


Elle fit un pas en avant, puis son corps tomba.

“Ils seront toujours pathétique.”


La tête vers les bas, ses ailes de chaque côtés de son corps, elle tombait telle une flèche. Elle leva les bras au dessus de sa tête, pointant ses lames, qui s’illuminèrent. Lorsque la pointe de ses armes atteignirent le sommet de la tour, une explosion de lumière se déclencha, aveuglant tous ceux qui aurait regardé à cet instant. lorsque la lumière se dissipa, une grande brèche s’était formée dans la tour, alors que les débris virevoltaient, retombant vers les abysses.

Son atterrissage fracassa le premier plancher de pierre, et l’onde de choc propulsa tout ce qui s’y trouvait. une grande partie du plancher s’effondra, emportant ses ennemis, alors que d’autres furent projetés contre les murs, leurs corps se brisant à l’impact.

Le corps de la femme ailé était agenouillé sur le morceau de plancher qui tenait encore, rattaché à un escalier en colimaçon. Elle se redressa, son regard rivé sur la horde qui se massait à l’étage en dessous. Plusieurs avaient été écrasés par les morceaux de planchers, et d’autres par des cadavres.

“De la chair à canon. Je n’ai pas envie de perdre mon temps aujourd’hui.”

Sur ses lèvres, ce qui ressemblait à un sourire se dessina.

“Finissons-en. Votre passage en ce monde sera éphémère.”
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Σ



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MessageSujet: Re: Le Pillier du monde   Mar 19 Avr - 17:44

Tel le fer du lancier, cette tour traverse les cieux impétueux à la rage orageuse. En choc successif le son des trompettes déchire l'air pour clamer vengeance, et alors que le battement des sabots de milliards de chevaux, remontant le Styx, au galop résonne en réponse à l'appel des morts, une goûte de sang bouille au pied de l'ange de toutes les déchéances divines. Nous savons, nous sentons, ce soir, les cieux vont pleurer, j'en fais le serment.

Ton ciel se fend de lumière à la manière d'un cruel rictus. Des millénaires d'oublie, en fin, voilà ton regard qui se pose sur nous, nous l'ombre qui fait obstacle à ta grandeur. Regarde-nous, Dieu tout puissant! Nous voyons l'or de ton ciel inondé la fosse et la fange. Regarde-nous! Regarde-nous et contemple ton œuvre. Abandonné et mutilé, nous voici devant toi, certes brisé, certes à jamais souillé, mais néanmoins portant le fardeau nos chairs pales, debout et gauche, nos genoux brisés de t'avoir trop prié, nous te regardons de nos yeux sanguins, oui, nous voici.

N'ai-je pas tout essayé pour toi? N'ai-je pas tout fait pour réparer tes torts? N'ai-je pas été à la hauteur de tes attentes? Tu n'es jamais venu. Regarde-nous, Dieu! Nous arrivons.

Regarde-moi, Dieu.

J'arrive.


Une goûte d'incandescence coule de ton infini, bienvenu, nous t'accueillons finalement en notre demeure, ici-bas à l'ombre de l'or. Cette tour est un pont. Cette tour est une épitaphe. Cette tour est une lance. Cette tour est un cercueil.

Je suis la tisseuse, mais ta destinée ne t'attend Ange, non, elle arrive, elle vient à toi, drapé d'argent ternit et de blanc abyssal. Il y à longtemps, trop longtemps que ce ciel est noir de votre indifférence, noir de vos pensées macabres. Noir est l'habillage du ciel, noir comme la peste. Sans matériel je ne peux travailler, mais je sais découdre et coudre. Rouge sera l'habillage du ciel, rouge comme le sang.

Mes fils sont les racines de toutes vies, la tour, le tronc de toutes fins et toi, le feuillage de toutes morts. Je suis les fondations, j'existe dans la matière même de notre lance, oui, soit le bienvenue Ange, je suis ton hôte en ces lieux, moi Sigma, ta confidente oubliée, ta sœur, ton amie, ou peut-être même ta mère. Voici mon cadeau, le cadeau d'une amoureuse à son amant, le cadeau d'une hôte à son invité de marque. Je t'en prie, accepte notre présent, oui, je t'en prie, accepte mon présent.

Je ferme les yeux et les ouvrent à nouveau, mais cette fois je le fais pour la première fois. Nous sommes maintenant égales, ne reste pas si haut perché, vient me rejoindre, tu me manques et nous avons tant à faire, tant à rattraper. De ton essence j'ai tout saisi et de ton corps je me saisis. Alors que je tire sur la rougeur teintée d'innocence de mes fils, je te regarde, oui, je te regarde, nous te regardons tous, toi qui vient à nous, toi qui nous regardes pour la première fois.

''Viens à moi.''

Tu voles comme le sommet de notre tombe, l'éclat de la chute, l'espace entre les espaces, le temps que le temps avance. Que cette terre blafarde soit le théâtre de notre banquet et bientôt, je t'en fais gage, si tu acceptes notre offrande, le vin, écarlate de douces promesses mielleuses, coulera à torrent des portes du paradis et nous, sœur, frère, boirons à la source à s'en noyer.

Je te tends la main.

Sers-moi l'épée.


Dernière édition par Σ le Mer 13 Juil - 16:20, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: Le Pillier du monde   Mar 19 Avr - 21:33

La surprise trahi presque son regard impassible. Elle ne s’attendait pas à la voir Elle. Pas ici, ni ailleurs. Elle n’avait pas souhaité la voir non plus. La surprise se transforme en tristesse, qui se transforme à nouveau. Elle est ici pour une raison.

Elle sent quelque chose tirer. Une autre qu’elle aurait été surprise. Une autre qu’elle n’aurait pas connu cet adversaire. Elle s’abandonne à cette force, se laissant porter jusqu’au sol. Un sourire se dessine sur ses lèvres à nouveau, et ses yeux s’illuminent. D’un simple mouvement, elle frappe le mur de la tour qui éclate alors, propulsant au loin les ruines de son perchoir. De sa lame elle balaie l'air, son arme devenant incandescente. Une vague lumineuse se forme, découpant les créatures sur son passage, balayant d’un souffle divin les restes de l’endroit où elle pose finalement le pied. devant elle se dresse une crevasse formée par sa lame de lumière. Un fossé qui la sépare de l'auteure de sa chute.

“Ainsi tu as été souillée. Tu as choisi d’être comme eux.”

Ses armes s’illuminent, son regard aussi. Le sourire qui agrémente son visage ne s’est pas dissipé. L’issue est inévitable, rien ne sert de s’évader. Elles croiseront le fer ici même, devant cette insulte que représente le Pilier. Il n’est rien d’autre qu’une tentative échouée d'impressionner les cieux. Une énième tentative d’invasion de la part des abysses. Seul un aveugle ne verrait pas ce fait. Et pourtant, elle rencontre ici une adversaire, une protectrice de la tour venue des cieux. Une parfaite représentation de la corruption. Une cible à abattre.

“Soit. Je serai ton bourreau.”

Une onde de choc se forme, alors qu’elle s’élance. Ses ailes ont battu l’air avec puissance. Sa vitesse est impensable pour un être de déchéance, mais toutes deux sont venus des cieux.

Son ennemie est à sa portée. Si elle l’a connue autrefois, aujourd’hui elle n’est rien d’autre qu’une autre souillure à abattre, une aberration comme tous les autres occupants de cette tour. Elle n’a aucune hésitation.

Fulgurante comme la foudre, elle frappe avec force de sa lame fratricide. Un coup sans délicatesse bientôt rejoint par une taillade de sa lame gauche dirigée vers le sol. La puissance est telle que l’étage en entier vibre sous l’impact. Qu’importe ce qu’il advient de cette tour. Elle n’a pas lieu d’être de toute façon.

Sa lame est à peine relevé qu’elle charge à nouveau, frappant d’estoc cette fois, alors que sa lame se met à briller, projetant une vague de lumière éblouissante vers son adversaire.

De la faille au sommet de la tour, d’autres guerriers célestes se posent avec autant de fracas. Ils descendent plus bas dans la tour, s’acharnent contre les horreurs qu’ils y voient. Ils ont compris. Elle s’appartiennent mutuellement. Ce combat ne regarde personnes d’autres.
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MessageSujet: Re: Le Pillier du monde   Mer 13 Juil - 16:20

Te voici ange. À nouveau soit la bienvenue. Cryptique je te souris, car j'ai, avec toi, partagé joie et peine. D'entre tous, il ta choisi, toi, ma plus que soeur. Je te reconnais à l'ombrage de ta lumière. Arrogante, ta lame ne défend point justice, non, elle pourfend ses fils, ses filles, ses enfants.

Ne suis-je donc qu'un souvenir lointain? Une simple pierre d'assise à ton nouveau monde Dieu? Ainsi, c'est ton astre le plus lumineux que tu m'envoies, Elyos, ton soleil. Dieu! Je ressens toute l'étendue de ta colère. Dieu! Je la regarde, droit dans les yeux, oui, je plonge mon regard dans celui de ta rage. Voilà donc ta réponse, ta réponse à une éternité de sanglots, à une infinité de prières, à un absolu d'espoir naïf. Après cents immensités à t'attendre, à te chercher et à t'aimer, après mille et un instants interminables à naître pour toi, à vivre pour ta grandeur, à saigner pour ta gloire et à mourir pour ton nom, enfin tu nous présentes notre juste rétribution: ton soleil.

Nous te comprenons tous, je te comprends. Le soleil n'a-t'il pas toujours brûlé les yeux de ses adorateurs? Oui, je te comprends, Père, tu as raison, tu as toujours eu raison. La souillure doit être purgé, le mal doit être occis et les ombres transpercé de lumière. Je contemple ton soleil, je sens sa chaleur primaire. En mon coeur, à cette vision, le désir de m'agenouiller et de demander ton pardon me tenaille. Tu la vois n'est-ce pas? Tu vois cette blessure que nous partageons tous au pied de cette lance? Sans ton feu nous avons existé sans vivre. Dieu, regarde cette crevasse que tu nous as laissée dans l'âme! N'envoies-tu pas ton astre céleste pour la voir? N'envoies-tu pas ton astre astral pour nous absoudre par les flammes? Cette salvation nous la méritons, se repos nous l'avons gagné, mais Père... Que le soleil se lève demain n'est qu'une hypothèse. Laisse-moi te montrer ce que j'ai appris.

Je t'en prie.

Laisse-moi te montrer.


Enorgueillis de la splendeur de Dieu, ton regard trahit ton hubris soeur. Tes lames lézardent la nuit en son nom, tes doigts se referment sur les poignés de tes épées comme les miennes se referment sur ton tragique destin. Aveuglé, cette frappe que me tu me destines n'est pas pour lui, elle est pour toi. Tes lames ne sont frappées de son sceau, non, elles le sont de ton aveuglement. Ce sourire qu'est le tien, cette moue de dégoût, ses yeux voilés. Frappe soeur, frappe cette horreur qui se trouve sous le regard des cieux, frappe cette nuit que je suis devenue, oui, frappe l'ombre que je suis. Qu'attends-tu, frappe cette souillure que vos yeux regardent. Tes paroles ont le goût du fer, celui de la lance, celui du sang, alors n'attend plus et répands-moi. Repeins le monde!

Aucune hésitation, ta résolution est belle, magnifique, ton coup, parfais. Je ne m'attendais pas à moins et c'est pourquoi je tisse ce mur, de la taille d'un tranchant de lame, entre toi et moi. Ta foudre gauche frappe le sol, tout comme notre Père, tu cherches à m'aveugler. Telle une cape étouffante, la poussière retombe sur moi. Je ne m’attendais pas à moins, mais n'avais rien d'autre à t'offrir que ma verve.


''Elyos! Ta lumière t'éblouit, sa lumière t'obscurcit. La vérité est que tu fais tout voir, mais que tu ne te laisses point regarder. Soit.''

Après une myriade d'immortalités dans les abymes de la nuit, dos à Dieu, dos à toi, à chercher dans le noir, à me battre dans le noir, à construire dans le noir, à détruire dans le noir, croyais-tu réellement pouvoir me cacher de cette lumière qui a fixé toutes mes pensés? En voulant blesser mes yeux, en voulant me mettre à genoux devant ta brillance, tu ne m'as pas compris, Dieu. J'existais, maintenant je vis. Je ne te perdrai plus jamais de vue, non, nous ne te perdrons plus jamais de vue. Nous n'étions rien, je n'étais rien, mais ton attention me fait honneur et justice. Oui, tu as mal choisi Dieu, Père, car lorsque le soleil décline à l'horizon, le moindre caillou fait une grande ombre, et ainsi me voilà grande, Ô terriblement grande... Ne t'avais-je pas dit que j'arrivais?

Ton estoc, ton rayon de mort miroitante. Je ne m'attendais pas à moins, non soeur, je ne m’attendais pas à moins. Tu es précise, je t'ai toujours admiré et t'admire toujours pour cela. Ta main n'a rien perdu de son assurance. Tu le sais bien, la proximité est mon talon d'Achille. J'aurais aimé mourir d'un pareil coup, j'aurais aimé être jugé et finalement pardonné, mais nous le savons toutes deux, je ne succomberais pas, ou du moins, pas maintenant. Ce que tu ne sais pas encore, ce que tu ne comprends pas encore, c'est que je ne peux abandonner, non, pas pour moi, mais bel et bien pour eux, les Hommes et pour lui. Il doit comprendre, il doit voir.

Le sol sous tes pieds se lève, puis se fracture, alors que je tire sur mes fils. Si la proximité est ma faiblesse, le sol est la tienne, toi qui voles haut dans les cieux, toi qui habites la voûte céleste plus que quiconque. Je ne t'ai pas amené innocemment à mon niveau. Ange, je te couperai de tes ailes comme on m'a arraché les miennes. Sans bouger, t'on or me manque et tu retombes dans la crevasse. J'ai désir de t'enterrer et c'est pourquoi les blocs de granite de la tour, ceux-là mêmes que tu as attirés dans ta chute initiale, volent autour de toi, attaché à moi, des pierres tombales, tes pierres tombales.

Avec grand fracas je referme le tombeau sur toi, mais la poussière, elle, remonte à nouveau.


''Oméga, me voilà heureuse. Mes peurs s'évanouissent. De te voir ici nous donne de la valeur à ses yeux. De te voir ici, nous convainc, me convainc, de la justesse de cette proposition. Oui, me voilà heureuse de te voir ici-bas.''

Allons, ne te repose pas davantage ma soeur, je t'ai attendu bien trop longtemps, l'éternité est encore jeune et blanche. Impressionne-moi, fais naître à nouveau la peur en mon sein, fais-moi regretter cet affront impardonnable! Prouve-moi que le soleil peut à jamais se lever, encore et encore! Mais prend garde ma lumineuse amie, toi, celle qu'il aime encore, toi celle qu'il n'a pas encore rejetée, car si demain tu te couches au creux de mes mains, tu apprendras bien vite que la souillure et le pêcher entre rarement par la force, mais bien par la ruse.

''Je suis Clotho, je tisse le fil de la vie. Je suis Lachésis, je déroule le fil de l'existence. Je suis Atropos, je le coupe. Je suis  la fileuse, en mes mains les fils de la destinée. Voici ma prophétie, pour toi, mon amie, ma plus que soeur, pour toi avec qui j'ai partagé le début et la fin du monde:


''Au bas de cette tour, il y a moins blanc que moi.
Au bout de cette lance, il y a bien pire que toi.

Si le début ne vient certes pas de Sigma.
Si la fin n'est pas nécessairement d’Oméga.

Au bas de ce ciel, rien ne nous pardonnera.
Au bout de cette terre, le vrai monstre viendra.

Si le commencement n'est certes pas d’Oméga.
Si l'absolu n'est pas nécessairement de Sigma.

Au bas de ses bras, il nous prendra.
Au bout de son regard, il nous souillera.
''

J'ai perdu mes ailes, arrachées de force par les ennemis de mon Père. J'ai failli à ma tâche et refusé le pardon. J'ai érigé une tour de Babel pour atteindre les cieux et toi, Dieu. Pourtant...

Pourtant ici bas, il y a beaucoup moins blanc que moi.

Ne ferme surtout pas les yeux.

Je te les fermerais moi-même.

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MessageSujet: Re: Le Pillier du monde   Jeu 8 Déc - 21:25

Son adversaire n’attaque pas. Pas encore. Un mur se lève entre elles et pare sa lame. Elle n’est pas surprise de la réaction, mais les paroles prononcées sont nouvelles. Ses pensées se figent sur ce qui devrait la laisser de marbre. Elle le sait pourtant, on le lui a répété maintes fois ; les êtres souillés de la terre ne cherche qu’à corrompre davantage ceux du ciel.

Le sol s’élève autour d’elle. Elle est surprise pour la première fois depuis le début de ce combat. Était-ce son état? Ou simplement quelque chose qu’elle n’avait pas vu venir? Dans tous les cas, il s’agissait d’un fâcheux contretemps. Elle fixait son adversaire, lui offrant un dernier regard avant que les pierres et la poussière ne la recouvre.

Ses épées devinrent lumière, la lumière devint boucliers. À chacun de ses bras, un immense bouclier en demi-sphère creuse se forma, se referma sur Elle. Les pierres s’empilèrent sur les boucliers comme un tombeau en ruine. Une tentative pour briser son corps qui fut vaine.

Un nouveau flot de parole lui parvint d’entre les rochers. Une prophétie. Mais qu’était-elle, sinon d’autres paroles pour embrouiller son jugement?

D’un puissant mouvement, elle repoussa pierres, rochers, poussière. Sa coquille s’ouvrait, et ses boucliers retournaient à la lumière. Ses ailes dissipèrent la poussière alors qu’elle s’envolait plus haut encore, la lumière qu’elle tenait devenu une lourde masse, qu’elle relevait au dessus de sa tête. fulgurante comme l’éclair, elle tomba du ciel. Et tel un coup de tonnerre, la foudre que sa masse était se dirigea vers son adversaire et l’onde de choc fut dévastatrice. Tout autour d’Elles, le sol fut balayé, la terre trembla. Le sol fut traversé de lézardes menaçantes.

Il n’en fallut pas plus pour que cette énorme masse redevienne les épées flamboyantes qu’elle arborait normalement. D’un battement d’ailes, elle reprit de l’altitude rapidement.

“Et ce mal plus grand encore utilisera votre aberration pour envahir les cieux. Et la souillure s’étendra jusqu’à la lumière, jusqu’à Sa lumière.” D’une arme, Elle désigna la tour. “Elle doit tomber. Et si ce que tu dis est vrai, si mal plus grand il y a, le temps presse.” Son arme se pointa ensuite vers son adversaire, le bout de la lame brillant de mille feux. “Et si mal plus grand il y a, tu l’aides en ce moment même à atteindre son but.”

Du bout de sa lame pointée vers le sol, un rayon de lumière fut projeté. La chaleur fut telle que le sable devint verre. la puissance du rayon fut telle que le sol se fractura, se transformait en éclats explosant dans les airs.

Était-ce donc vrai? La souillure aurait une source? Une source plus terrible encore qu’on lui avait enseigné?

“Impossible,”
ses lèvres dirent-elles en silence, alors qu'elle plongeait à nouveau vers son adversaire.
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MessageSujet: Re: Le Pillier du monde   Dim 1 Jan - 21:05

Née dans la lumière immobile, se battre dans les ombres mornes, mourir dans la lumière qui décline, dévorée par les ombres qui bougent. Un destin certain, un destin qui n'est pas mien. Me suis-je déjà trompé ange? N'ai-je pas reçu le don de vision? Mes yeux voient au-delà de ta lumière, au-delà de toi et de ce qu'il semble être. Prends mes mots pour vrai, ne conteste pas, ne regarde pas derrière, ne doute jamais, relève-toi, frappe la vérité.

''Que mon corps soit la réponse, que mon cœur éclate et mon sang se repende tel un miroir de plomb, ainsi tu te verras, tu verras la couleur de la corruption Ô ma très chère sœur que j'aime. Oui, ainsi, tu verras, tu verras la couleur de tes yeux.''

Rouge.

La couleur du sang.

Te voilà déjà qui réponds à l'appel de la guerre. Est-ce le fait du destin tracé par mes paroles prophétiques? Est-ce le fait de la rage qui transcende ta conscience? Où est-ce plutôt ta réponse au son des trompettes? Elyos! Les anges immortels de l'Apocalypse sont morts. Les trompettes ne résonnent plus pour la fin du monde, elles résonnent pour toi, pour moi, pour nous, mais pas pour eux, pas pour les hommes.

Magnifique, de te voir ainsi repousser les poussières de la tombe. Un joyau d'or, extirpé des noirs gravats de ta sépulture. Tu voles si haut, si loin, si près de lui... Je ressens, pour la première fois, l'esquisse de la mélancolie. Je ne te jalouse pas ange, je ne t'envie pas, j'ai jusqu'à oublié la sensation du vent sur ma chaire. Je ne me souviens pas non plus de la chaleur de notre père, là, au-dessus des nuages de cendres, néanmoins, un souvenir persiste, une image lointaine. Du sol je te regarde, la tête haute, alors que toi, pour me regarder, tu dois baisser la tienne. J'avais oublié ce que tu ne sais pas encore; à regarder le monde haut dans le ciel, ce sont les astres qui baissent la tête. N'y vois-tu pas un signe? Un signe de soumission. Ton arrogance t'humilie, tout comme jadis, la mienne m'humiliait. J'ai compris, j'ai compris Ô Elyos, il y a longtemps, j'ai compris, mais seulement maintenant je réalise, alors que ta tête est basse... Nous avions toujours regardé la terre d'une passion dévorante, d'une envie atroce et d'une peur féroce. Maintenant c'est toi qui me regardes, habité par la passion dévorante de la guerre, une envie atroce de me détruire et une peur féroce du mal qui guette à l'ombre de ta lumière. Je ne te jalouse pas ma sœur, Ô ma douce sœur, comme j'ai peine pour toi...


''Elyos, ne vois-tu pas? Ne vois-tu pas, toi, celle avec qui j'ai partagé le début et la fin du monde, ne vois-tu pas ce que tu es devenu? Ne vois-tu pas où tu te trouves?''

Et ce souvenir qui me hante, encore et encore... Je suis en colère, je suis peinée. Comment as-tu pu? Comment ma sœur? Comment oublier?


''Je me souviens de ta lumière, de celle qui brûla les ailes d'Icare. Te voici à l'orée des tempêtes, te voici si prêt... Tout comme lui, tu brûles ma sœur, tu brûles de ton obsession. Que tu sois le Soleil ne te rend pas immuable, tu le sais n'est-ce pas, s'il existe plus grand mal que moi, alors il existe une lumière plus vive que toi.''

Tu reviens vers moi, la foudre de ta colère, la lumière de ton aveuglement. Tu m'as abandonné père, pour cela j'ai été misérable. J'ai accepté mon sort, ce rôle que tu m'as donné, néanmoins... N'est-elle pas ta lumière? Pauvre enfant... abandonnée.

Je tisse comme j'ai toujours tissé, je tisse pour moi, pour lui, mais surtout pour toi. Ne fais pas d'erreur Oméga, ne flanche jamais, ne frappe jamais à l'aveugle. Regarde-moi sans la lumière de ta foudre, car visiblement...


''Tes yeux ne peuvent voir au travers.''

Je ressens ce que tu as ressenti, alors que mes pieds s'enfoncent dans la roche brûlée, j'ai une pensée pour toi. Je ressens ce que tu as ressenti, alors que mon égide repousse la poussière et le granit de cette sépulture d'on tu me fais grâce, comme je t'ai fait grâce de la tienne. Oui, j'ai une pensée pour toi et c'est pourquoi mon cœur s'alourdit à la lisière de tes mots, bien que je tisse sans relâche, c'est à toi que je pense, c'est vers toi que je suis fixée. Tu ne le sais pas encore, toi et moi ne sommes pas différentes. Cette souillure qui te fait frémir, cette souillure... La révélation me frappe au même moment que ton rayon et ce cocon qu'est le mien brûle et se tord à la manière de l'acier trempé dans les flammes infernales de la forge. Cette vive douleur que je ressens à ton égard, cette vive douleur que tu m'infliges...

Frappé de la puissance du Soleil personnifié, le voilà à mes pieds, l'éclat tant attendu. Le miroir promis, prophétisé. Une épiphanie traverse les nuages, tous les anges ont le regard fixé, les hommes les femmes, les démons, le mal... Tétanisé le temps s'arrête même pour regarder. Le monde retient son souffle.

Vermeille.

La couleur de tes yeux.


Cette vive douleur que je ressens, le reflet de la vérité, nous y voici enfin arrivé. La métaphore se tisse autour d'une cruelle et insensible réalité. J'ai si mal, ma soeur, toi que j'aime, toi qu'il aime encore... Dieu! Père! Je ne saurais mentir sur le temps, je ne saurais mentir sur le destin. Dieu! Je tremble de rage! Regarde ce que tu as fait! Regarde, Dieu! Regarde, Père! Regarde tes enfants se perdre sur ta voie. Tu n'as rien fait pour moi. Tu n'as rien fait pour elle. Je touche mon visage, là, sous mon oeil gauche, un ruisseau de rubis.


''La couleur de tes yeux... La tête basse, tu crois me regarder de haut, surplombant ce monde mort. Regarde bien Elyos, ma tête à moi est haute, voici ta réponse. C'est bel et bien possible. Il y a bien pire que la mort. Rouge. La couleur de tes yeux. Vermeille, la couleur de mon sang.''

Cette douleur... Cette douleur ne vient pas de mon visage, non ma soeur, elle vient de cette tristesse qui ravage les restes de mon âme bercée de solitude. Pourquoi l'as-tu abandonné, Père?

''Regarde bien Elyos et dit moi ce que tu vois. Regarde ce miroir. Ton reflet et le mien...''

Corrompu, souillée, te voilà comme moi. Ô ma sœur... ma sœur... Ce mal qui te fait si peur... Ce mal est déjà en toi.

''Les hommes ne sont pas tous comme nous. Oubliés, ils tentent de se sauver. Cette tour est leur salut pour échapper aux êtres comme nous, comme lui... Je construirai un millier de ses tours avant de tomber. Je rendrai aux cieux chacun de ses hommes oubliés par notre père, mais qu'eux n'oublient pas. Ils sont purs. Ils n'ont pas peur, ils ont foi ma sœur. Ne vois-tu pas Elyos? Ne vois-tu don rien? Cette tour n'est pas pour moi.''

Je tremble et me recroqueville. Je dois te montrer. Je dois lui montrer. Vous devez comprendre, vous devez voir. Je te le dis et te le dirais encore et encore, ne me perd surtout pas des yeux ange, pas une seconde, jamais, car si tu échoues ici, jamais plus tu ne verras, non, jamais, jamais plus.

Pendant combien d'éternité ai-je tenté de me sauver, perdue, ne voulant que te retrouver père? Quand il me les a prises, j'ai tout essayé. J'ai donné, sans jamais regarder derrière, tout ce que j'avais, pour te revoir, n'aurait-ce été qu'une dernière fois, simplement... Comment aurais-je pu? Je sais tisser maintes choses, mais comment, comment aurais-je pu réparer cette tare, cette faiblesse, cet échec? Comment donner tout ce que j'avais, alors qu'en vérité, tout ce que j'avais c'était toi? Nous sommes seuls.

Est-ce bien mon visage qui est blessé, ou est-ce simplement moi qui pleure tout ce sang? Dieu! Donne-moi une réponse, Dieu, car les voici, les voici... Deux affreux moignons suintant, pointu, laid, immonde, déchirant le blanc de l'abîme, perçant la pâleur fantomatique de mes chairs meurtries, dans toute l'horreur et le grotesque de leur existence; mes ailes, éternellement fumantes, à jamais sanguinolentes, noires à l'infini; morte.


''Il est trop tard. Il a toujours été... trop tard.''

De cette main cramoisie je prends les fils de nos destinées. De cette main blanche, je tisse la suite. Je tire et mes pieds quitte le sol, à toute vitesse je m'élance vers toi, attaché à toi, alors que tu t'élances vers moi. Au creux de cette main immaculé, une lame de ciseaux à droite. Au bout des doigts de cette main sanglante, le fil de notre couture à gauche. Nous sommes deux pans d'une même histoire, ange, deux pages du même livre sacré, séparé, il ne manquait que la reliure.

Et maintenant que nous sommes à la même hauteur Elyos, maintenant que nous sommes si prêt l'une de l'autre, alors que nos têtes ne sont n'y haute, n'y basse. Regarde-moi dans les yeux et dis-moi, dis-moi ma sœur, de quelle couleur sont-ils?

Écarlate.

La couleur de nos yeux.
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Le Pillier du monde
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